Déjà cinq semaines que j'ai arrêté de râler. Une éternité.
Moi qui comptais balancer ma petite épine au minimum une fois par semaine...
N'allez pas croire que je bonifie en vieillissant ou que les gens sont devenus tellement gentil que je m'abstiens de pousser mes gueulantes.
Non... C'est juste un manque de temps.
Ce qui ne m'a pas empêché de prendre quelques notes au vent, histoire de rattraper le coup au moment opportun.
Et ici, levé depuis 6H du matin (usuellement le milieu de la nuit pour moi), j'en profite pour râler ouvertement sur un sujet qui n'intéressera personne... Mais qui soulagera mon amertume pour la journée.
Ayant quelques soucis respiratoires, principalement la nuit, j'ai décidé il y a quelques semaines de prendre le taureau par les cornes, en allant consulter.
Les soucis ne sont pas bien graves, je vous rassure (au cas où une pensée inquiète vous viendrait)...
Non, il s'agit juste de ronflements.
Bon, j'ai toujours ronflé en dormant (mais aussi grincé des dents, remué, flatulé, etc)... Mais là depuis presque un an, c'est devenu intenable.
Non seulement j'empêche mon épouse de dormir, mais en plus, je m'auto-réveille souvent dérangé par mon propre bruit...
Faut pas chercher bien loi. Depuis que Magali est tombée enceinte, j'ai pris pas moins de 12 kilos.
Donc... La raison, je la connais...
Mais bon. Un peu lâche devant la vérité, il m'est venue l'idée de consulter un pneumologue.
Et ce dernier m'a prescrit séance tenante une nuit d'examen à la Clinique du Sommeil, pour vérifier si je ne faisais pas d'apnée, si je n'avais pas de soucis cardiaques, etc...
Cette fameuse nuit se déroulait cette semaine. Entrée à l'hosto mercredi à 16h, et sortie hier jeudi à 09H00.
Toujours guidé par une aveugle volonté de ne pas voir la réalité en face, je me suis donc rendu à ce "laboratoire du sommeil" pour effectuer l'examen.
Sauf que... L'examen n'a strictement servi à rien car je n'ai pas fermé l’œil de la nuit.
A dire vrai, c'est même la pire nuit qu'il m'ait été donné de passer... Tout simplement.
Celle-ci débute par l'installation d'un enregistreur, et de la bagatelle de 35 à 40 capteurs sensoriels sur moi... (une bonne vingtaine rien que sur la tête)...
Des capteurs tous reliés par des fils à l'enregistreur.
Quasiment impossible de bouger.
La chambre de 2m sur 3 était irrespirable de chaleur...
Il y avait des lumières dans tous les sens...
Du bruit venant de partout (que ce soit du couloir, des appareils branchés ou de dehors via la fenêtre ouverte - vu la chaleur, impossible de la fermer).
Lit de max 80cms de large, couverture et drap digne d'une prison, et oreiller le plus dégueulasse possible...
Obligation d'avoir un enregistrement de 8H consécutives.
Début de l'enregistrement à 22H, après avoir eu un souper digne d'un restaurant moins 10 étoiles...
Vers 2H du matin, j'enrage... Pas dormi une minute...
Les capteurs dans le nez me chatouillent, me donnent envie d'éternuer...
J'en ai marre... J'ai envie de tout arracher, et d'aller me fumer une bonne dizaine de clopes pour me calmer...
Au bout d'une heure encore, je me décide... Et j'enlève prestement les capteurs que j'ai dans le nez... De toute manière personne ne semble s'intéresser à ma détresse, et puis... même si ça fout l'examen en l'air, je les emmerde tous...
J'en profite également pour enlever le capteur en caoutchouc rigide apposé à mon majeur droit... J'ai le doigt complètement engourdi, et transpirant...
Là, je suis décidé... Si dans dix minutes, je ne me suis pas endormi, je tire la sonnette et sors contre avis médical.
Trois minutes plus tard, une vieille infirmière autoritaire débarque dans la chambre, en hurlant... Elle m'engueule séance tenante d'avoir enlever mes capteurs nasaux, me les remets en les scotchant à mon visage avec du gros tape médical... Idem pour le capteur de doigt... Et par-dessus tout, elle me menace de me mettre des sangles si je continue à parasiter l'examen... Je crois rêver...
Je respire, serre les dents... et prend sur moi... Dans 3 bonnes heures ce sera terminé.
3 très longues heures...
Et comme de fait. Trois heures plus tard, on vient me libérer. J'ai la rage. On me prévient d'emblée que l'examen n'a pas servi à grand chose...car je n'ai pas dormi...
Sans blague!!!!!! C'est la pire des nuits de l'histoire de ma vie ducon!!!!
Comment dormir dans ces conditions?
Je passerai sur la libération des capteurs qui m'a probablement arraché la moitié de ma pilosité corporelle...
Bref, je signe le bon de sortie, dégoûté...
Je rentre à la maison... et commence à tousser, renifler, et avoir mal à la tête...
Vers 20H, je tomberai dans un profond sommeil, épuisé par les 36 dernières heures, et affublé d'un bon gros rhume...
Et là, forcément, je ne dors plus depuis 6H du matin...
Bref. Tout cela pour dire, que quand on a un souci, quel qu'il soit, il vaut mieux le regarder en face, et le solutionner, plutôt que de chercher ailleurs pour se donner bonne conscience.
Là, je viens quand même de perdre un temps précieux, de vivre une nuit de calvaire, de perdre une bonne partie de mes poils de torse à l'épilation médicale, et de chopper dans ce stupide hosto un début de crève monumentale...
Bien fait pour ma gueule...
NB: Ça c'était en mode "autopique"... (même si le corps médical n'en sort pas grandi, c'est à moi et moi seul que j'en veux). Mais ne vous inquiétez pas, il y a deux sujets beaucoup plus sensibles et liés au poker qui arriveront prochainement... Et là, ça vous intéressera tous...
Bonne journée